Le Testament d'Orphée (1959)

Publié le par Molilow

 

          le testament d'Orphée    Cocteau réalise le testament d'Orphée à la fin de sa carrière de cinéaste. Ce film est en quelque sorte l'explication de son rapport avec toutes ses oeuvres : que ce soit dans le domaine de la peinture, de la littérature ou du cinéma. Nous avons retrouvé des allusions à Tristan et Iseult, à Oedipe-Roi... et principalement à Orphée. Il nous a donc semblé intéressant d'utiliser ces allusions issues de son film, Orphée, paru dix ans auparavant. Il nous explique sa conception de l'art, de la poésie... Un peu comme un bilan de ses réflexions. Cocteau est le personnage principal de son film, il est en fraude avec le temps, prisonnier des oeuvres qu'il a ré-écrites.

Ce film nous offre aussi une suite de l'Orphée. Nous apprenons le sort de la Princesse et d'Heurteubise : Condamnés à juger les autres, à être des juges pour l'éternité. Cocteau lui même passera devant ces juges dans Le testament d'Orphée. Cégeste aussi apparaît à Cocteau, se plaignant d'avoir été abandonné, seul, dans les profondeurs des Enfers.    fleur-d-hibiscus-visoflora-1806
         
    Nous pouvons remarquer la quasi-omniprésence d'un hibiscus, symbole de la résurrection au cinéma. Cocteau considère que le cinéma peut faire autant qu'Orphée lorsqu'il a ramené Eurydice des Enfers; ici, Cocteau ramène une fleur à la vie. C'est le contre exemple d'une de ses théories : « Le cinéma filme la mort au travail, le fléchage à sens unique du temps, le chemin par lequel tout se décompose. » Grâce à une mécanique simple, qualifiée d'enfantine, Cocteau va réussir à désapprouver sa théorie: La marche arrière. Nous pouvons d'ailleurs faire un parallèle avec la fin de L'Orphée puisque pour faire revivre Eurydice et Orphée, la princesse demande à l'ange Heurtebise de faire revenir Orphée en arrière. Il ne doit plus y avoir aucun souvenir de son aventure dans les Enfers pour pouvoir vivre paisiblement son Amour avec Eurydice.

Le testament d'orphée n'a donc pas de rapport direct avec le mythe d'Orphée, mais plutôt avec les réflexions de Cocteau lui même.


« Bien sûr que les oeuvres se font toutes seules, et rêvent de tuer père et mère; bien sûr qu'elles existent avant que l'artiste ne les découvre, mais toujours cet Orphée, toujours cet Oedipe. »

                                                                                                                       Jean-Cocteau, Le testament d'Orphée

 

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